FablesDelaFontaine
© Ideos

L’âne et le chien

L’âne et le chien

Il se faut entraider, c'est la loi de nature : L'Âne un jour pourtant s'en moqua : Et ne sais comme il y manqua ; Car il est bonne créature. Il allait par pays accompagné du Chien, Gravement, sans songer à rien, Tous deux suivis d'un commun maître. Ce maître s'endormit : l'Âne se mit à paître : Il était alors dans un pré, Dont l'herbe était fort à son gré. Point de chardons pourtant ; il s'en passa pour l'heure : Il ne faut pas toujours être si délicat ; Et faute de servir ce plat Rarement un festin demeure. Notre Baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois. Le Chien mourant de faim Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie ; Je prendrai mon dîné dans le panier au pain. Point de réponse, mot ; le Roussin d'Arcadie Craignit qu'en perdant un moment, Il ne perdît un coup de dent. Il fit longtemps la sourde oreille : Enfin il répondit : Ami, je te conseille D'attendre que ton maître ait fini son sommeil ; Car il te donnera sans faute à son réveil, Ta portion accoutumée. Il ne saurait tarder beaucoup. Sur ces entrefaites un Loup Sort du bois, et s'en vient ; autre bête affamée. L'Âne appelle aussitôt le Chien à son secours. Le Chien ne bouge, et dit : Ami, je te conseille De fuir, en attendant que ton maître s'éveille ; Il ne saurait tarder ; détale vite, et cours. Que si ce Loup t'atteint, casse-lui la mâchoire. On t'a ferré de neuf ; et si tu me veux croire, Tu l'étendras tout plat. Pendant ce beau discours Seigneur Loup étrangla le Baudet sans remède. Je conclus qu'il faut qu'on s'entraide. l'âne et le chien Source : Abstemius (Lorenzo Bevilacqua, humaniste italien, XVème siècle. Il publia à Venise à la fin du XVème siècle, des fables latines qui inspirèrent en partie La Fontaine.) La moralité est à peu près la même que celle de la fable Le Cheval et l'Ane : il faut s'entr'aider...
PaperAeroplane
© Ideos

L’âne et le chien

L’âne et le chien

Il se faut entraider, c'est la loi de nature : L'Âne un jour pourtant s'en moqua : Et ne sais comme il y manqua ; Car il est bonne créature. Il allait par pays accompagné du Chien, Gravement, sans songer à rien, Tous deux suivis d'un commun maître. Ce maître s'endormit : l'Âne se mit à paître : Il était alors dans un pré, Dont l'herbe était fort à son gré. Point de chardons pourtant ; il s'en passa pour l'heure : Il ne faut pas toujours être si délicat ; Et faute de servir ce plat Rarement un festin demeure. Notre Baudet s'en sut enfin Passer pour cette fois. Le Chien mourant de faim Lui dit : Cher compagnon, baisse-toi, je te prie ; Je prendrai mon dîné dans le panier au pain. Point de réponse, mot ; le Roussin d'Arcadie Craignit qu'en perdant un moment, Il ne perdît un coup de dent. Il fit longtemps la sourde oreille : Enfin il répondit : Ami, je te conseille D'attendre que ton maître ait fini son sommeil ; Car il te donnera sans faute à son réveil, Ta portion accoutumée. Il ne saurait tarder beaucoup. Sur ces entrefaites un Loup Sort du bois, et s'en vient ; autre bête affamée. L'Âne appelle aussitôt le Chien à son secours. Le Chien ne bouge, et dit : Ami, je te conseille De fuir, en attendant que ton maître s'éveille ; Il ne saurait tarder ; détale vite, et cours. Que si ce Loup t'atteint, casse-lui la mâchoire. On t'a ferré de neuf ; et si tu me veux croire, Tu l'étendras tout plat. Pendant ce beau discours Seigneur Loup étrangla le Baudet sans remède. Je conclus qu'il faut qu'on s'entraide. l'âne et le chien Source : Abstemius (Lorenzo Bevilacqua, humaniste italien, XVème siècle. Il publia à Venise à la fin du XVème siècle, des fables latines qui inspirèrent en partie La Fontaine.) La moralité est à peu près la même que celle de la fable Le Cheval et l'Ane : il faut s'entr'aider...